Avis série Cursed la Rebelle

Publié le 3 février 2026 à 09:47

Il y a des séries que l’on regarde distraitement, et puis il y a celles qui laissent une trace, parfois rugueuse, parfois incomplète, mais persistante. Cursed : la Rebelle fait partie de cette seconde catégorie. Lorsque j’ai lancé le premier épisode, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Une énième adaptation de la légende arthurienne ? Une fantasy adolescente de plus ? Très vite, la série m’a surprise, parfois déstabilisée, souvent séduite, et parfois frustrée aussi. Et c’est précisément pour cela que j’avais envie d’en parler ici, sur mon blog dédié aux séries : parce que Cursed ne laisse pas indifférent.

Je te propose ici un avis sur la série Cursed la Rebelle aussi honnête que possible, nourri par une analyse culturelle, narrative et émotionnelle. Je vais revenir sur le synopsis, le détail de la saison, l’évolution des personnages, mais aussi sur ce qui fait que la série fonctionne… ou pas toujours. Une critique personnelle, engagée, et assumée.

💡 L’article en bref

➕ Une relecture audacieuse de la légende arthurienne

➕ Une héroïne féminine complexe et tourmentée

➕ Une fantasy sombre à l’esthétique marquée

➕ Des thèmes modernes : exclusion, pouvoir, foi, résistance

➕ Une série imparfaite mais profondément intrigante

 

Synopsis

Cursed raconte l’histoire de Nimue, une jeune femme marginalisée appartenant au peuple des Faes, des êtres magiques persécutés par les humains. Après la mort de sa mère, Nimue se voit confier une épée aux pouvoirs mystérieux et une mission : retrouver Merlin. Sur sa route, elle croise Arthur, encore loin d’être le roi légendaire que l’on connaît, et se retrouve malgré elle au cœur d’un conflit religieux, politique et magique qui dépasse largement sa propre histoire.

Détail de la saison

La série ne compte qu’une seule saison, composée de dix épisodes. Chaque épisode explore un pan différent de l’univers : la persécution des Faes, la montée en puissance de l’Église représentée par les Paladins Rouges, la construction de la légende arthurienne à l’envers. Le rythme est parfois inégal, alternant moments très forts et passages plus contemplatifs, mais l’ensemble reste cohérent dans sa volonté de poser un monde complexe.

 

Une relecture moderne de la légende arthurienne

Ce qui m’a immédiatement marquée dans Cursed, c’est son choix radical : raconter la légende arthurienne du point de vue de Nimue, une figure traditionnellement reléguée aux marges du récit. Ici, la série ne se contente pas de revisiter le mythe, elle le déconstruit. Arthur n’est pas encore le roi glorifié, Merlin est une figure ambiguë, parfois presque pathétique, et l’épée n’est plus un symbole de légitimité divine mais un objet lourd de conséquences, presque toxique.

Cette inversion du mythe agit comme une relecture politique de la légende arthurienne. Elle interroge la manière dont les récits fondateurs sont écrits par les vainqueurs, souvent des hommes, et comment certaines figures — notamment féminines — sont effacées ou diabolisées. En redonnant une voix à Nimue, Cursed propose une réflexion sur la mémoire collective, sur ce que l’on choisit de transmettre, et sur ce que l’on préfère oublier. C’est précisément cette dimension qui donne à la série une portée culturelle bien plus large qu’une simple fantasy.

 

L’évolution de Nimue

Nimue est, à mes yeux, le cœur battant de la série. Elle commence son parcours comme une jeune femme en colère, marquée par le rejet, la peur et la honte. Son identité de Fae la place immédiatement du côté des exclus, et sa relation à la magie est tout sauf glorieuse : elle est douloureuse, incontrôlable, presque destructrice.

Au fil des épisodes, Nimue traverse plusieurs étapes fondamentales : le déni, la fuite, la révolte, puis l’acceptation progressive de son rôle. Ce qui m’a particulièrement touchée, c’est que cette évolution ne se fait jamais sans heurts. Nimue doute constamment de sa légitimité, de ses choix, et même de sa capacité à aimer sans détruire.

D’un point de vue féministe, Nimue est une figure puissante parce qu’elle n’est jamais idéalisée. Elle n’est ni douce ni sacrificielle, elle est parfois violente, égoïste, et contradictoire. Et pourtant, la série ne la punit jamais pour cela. Au contraire, elle affirme que ces contradictions font partie intégrante de son humanité.

 

Arthur : la naissance d’un futur roi

Arthur est sans doute l’un des personnages les plus intéressants de Cursed dans sa manière de déconstruire un mythe ultra-codifié. Ici, il n’est ni noble ni héroïque. C’est un mercenaire désabusé, souvent cynique, qui survit plus qu’il ne vit. Cette représentation permet à la série de montrer que le héros ne naît pas roi, il le devient — parfois malgré lui.

Sa relation avec Nimue est centrale dans son évolution. Elle agit comme un catalyseur, l’obligeant à questionner ses choix, sa morale et sa vision du monde. Contrairement aux récits classiques où la femme soutient l’ascension de l’homme, Cursed inverse la dynamique : Arthur se construit dans l’ombre de Nimue, apprenant à écouter, à douter, et à se remettre en question.

Ce cheminement fait d’Arthur un personnage profondément humain, faillible, et finalement attachant. Il ne cherche pas le pouvoir, mais il apprend progressivement à en assumer la responsabilité.

 

Merlin : mythe ou imposture ?

Merlin est l’un des personnages les plus ambigus de la série. Loin du magicien tout-puissant et sage, il apparaît ici comme un homme brisé, privé de ses pouvoirs, hanté par ses erreurs passées. Il incarne la fin d’une époque, celle des anciens mythes, et la difficulté de transmettre un héritage sans l’imposer.

Son évolution est discrète mais essentielle. Merlin représente la mémoire, mais aussi le danger de s’accrocher à une vision figée du monde. À travers lui, la série questionne la notion d’autorité : faut-il respecter les légendes simplement parce qu’elles sont anciennes ? Ou faut-il, au contraire, les réécrire pour survivre ?

 

Les personnages secondaires

Les personnages secondaires jouent un rôle fondamental dans l’univers de Cursed, et certains d’entre eux sont presque aussi marquants que les protagonistes principaux.

Morgane, par exemple, est un personnage tragique. Sa trajectoire est marquée par la frustration, le sentiment d’invisibilité et le besoin de reconnaissance. Elle incarne une autre forme de marginalisation : celle de la femme humaine enfermée dans des rôles imposés. Son évolution laisse entrevoir une future antagoniste complexe, loin du manichéisme.

Le Moine Pleureur et les Paladins Rouges représentent quant à eux une violence institutionnelle glaçante. Leur fanatisme religieux, justifié par une idéologie de pureté, fait écho à de nombreuses dérives historiques et contemporaines. Ces antagonistes ne sont pas de simples méchants : ils sont le produit d’un système qui valorise la peur et la haine.

Même les personnages plus discrets, comme les membres du peuple Fae ou les figures politiques secondaires, contribuent à créer un monde crédible, traversé par des rapports de force complexes.

 

Une fantasy politique et engagée

Sous ses airs de conte sombre, Cursed est une série profondément politique. Elle parle d’exclusion, de génocide culturel, de fanatisme religieux et de résistance. Les Faes sont clairement une métaphore des peuples opprimés, et la série ne cherche jamais à édulcorer cette violence. C’est parfois dur à regarder, mais toujours pertinent.

 

🔷 Pour qui ?

Cursed la Rebelle s’adresse avant tout aux spectateurs et spectatrices qui aiment les séries de fantasy teintées de mythologie, mais avec une approche moderne. Si tu apprécies les héroïnes fortes mais imparfaites, les récits sombres, les univers où la magie est politique et dangereuse, alors cette série peut clairement te parler. Elle séduira aussi celles et ceux qui aiment les relectures de mythes sous un prisme féministe et contemporain.

 

🔷 Pourquoi ça marche ?

Cursed fonctionne parce qu’elle ose. Elle ose prendre des risques narratifs, esthétiques et thématiques. Elle ose proposer une héroïne imparfaite, un monde cruel, et une légende déconstruite. Elle fonctionne aussi grâce à son ambiance visuelle très marquée, ses décors naturels et sa musique mélancolique.

 

Analyse complète de la série

Sur le plan symbolique, Cursed la Rebelle est une série qui parle avant tout de transmission et de réécriture. La magie y est une métaphore du pouvoir : un pouvoir que l’on craint, que l’on contrôle, ou que l’on cherche à éradiquer. Les Faes représentent les minorités opprimées, réduites au silence, tandis que l’Église symbolise une autorité qui justifie la violence au nom d’une vérité absolue.

La série adopte également une lecture clairement féministe. Elle montre comment les femmes sont souvent exclues des récits fondateurs, ou cantonnées à des rôles secondaires. En plaçant Nimue au centre de la légende, Cursed revendique le droit de raconter une autre histoire, plus inclusive, plus nuancée, et surtout plus honnête.

Enfin, la série interroge notre rapport aux mythes : avons-nous besoin de héros parfaits, ou de récits qui reflètent nos contradictions ? Cursed choisit résolument la seconde option, et c’est ce qui la rend aussi singulière dans le paysage des séries de fantasy.

 

Cursed et le féminisme contemporain

Ce qui distingue véritablement Cursed d’autres séries de fantasy, c’est la manière dont elle s’inscrit dans un féminisme contemporain, loin des discours simplistes ou purement décoratifs. Ici, le féminisme n’est pas un slogan, mais une grille de lecture narrative. Nimue n’est pas forte parce qu’elle adopte des codes masculins du pouvoir ; elle est forte parce qu’elle survit, qu’elle doute, qu’elle refuse l’ordre établi.

La série montre aussi comment les femmes sont historiquement effacées des récits mythologiques. Nimue, Morgane, mais aussi les femmes Faes en général, portent une mémoire collective que le pouvoir cherche à détruire. La violence exercée contre elles est autant physique que symbolique : on brûle leurs corps, mais aussi leurs histoires.

Cursed pose ainsi une question essentielle : que se passe-t-il lorsque les femmes reprennent le contrôle de la narration ? La réponse est inconfortable, parfois chaotique, mais profondément nécessaire. La série accepte l’idée qu’une héroïne féministe peut être imparfaite, en colère, voire dangereuse, sans perdre sa légitimité.

 

Cursed face aux autres relectures mythologiques

Impossible de ne pas comparer Cursed à d’autres grandes séries de fantasy et de mythologie contemporaine.

Face à The Witcher, Cursed adopte une approche plus politique et plus frontale. Là où The Witcher s’appuie sur une structure de contes et de monstres pour parler de marginalité, Cursed choisit un conflit idéologique clair : la persécution systémique d’un peuple et l’effacement de son histoire. Nimue et Yennefer partagent une colère commune, mais Cursed va plus loin dans la remise en cause des mythes fondateurs.

Comparée à Game of Thrones, la série paraît plus intimiste, mais aussi plus engagée dans son propos. Game of Thrones dissèque le pouvoir à travers une multitude de points de vue, souvent cyniques. Cursed, elle, adopte une perspective plus incarnée, plus émotionnelle, en se concentrant sur celles et ceux qui subissent le pouvoir plutôt que sur ceux qui l’exercent.

Enfin, face à Britannia, autre relecture sombre des mythes celtiques, Cursed se distingue par sa clarté idéologique. Là où Britannia flirte avec le mysticisme et l’abstraction, Cursed ancre sa magie dans des enjeux très concrets : oppression, résistance, transmission culturelle. Elle est moins expérimentale, mais sans doute plus accessible et plus lisible.

Ces comparaisons montrent que Cursed s’inscrit pleinement dans une nouvelle génération de séries mythologiques, qui utilisent le passé pour parler du présent, et qui n’hésitent plus à remettre en question les récits dominants.

 

Ce qui m’a moins convaincue

Tout n’est pas parfait. Le rythme est parfois inégal, certains arcs narratifs auraient mérité plus de développement, et la série souffre peut-être d’avoir voulu trop en dire en une seule saison. On sent un potentiel immense, parfois sous-exploité.

Analyse complète de la série

Sur le plan symbolique, Cursed la Rebelle est une série qui parle avant tout de transmission et de réécriture. La magie y est une métaphore du pouvoir : un pouvoir que l’on craint, que l’on contrôle, ou que l’on cherche à éradiquer. Les Faes représentent les minorités opprimées, réduites au silence, tandis que l’Église symbolise une autorité qui justifie la violence au nom d’une vérité absolue.

La série adopte également une lecture clairement féministe. Elle montre comment les femmes sont souvent exclues des récits fondateurs, ou cantonnées à des rôles secondaires. En plaçant Nimue au centre de la légende, Cursed revendique le droit de raconter une autre histoire, plus inclusive, plus nuancée, et surtout plus honnête.

Enfin, la série interroge notre rapport aux mythes : avons-nous besoin de héros parfaits, ou de récits qui reflètent nos contradictions ? Cursed choisit résolument la seconde option, et c’est ce qui la rend aussi singulière dans le paysage des séries de fantasy.

 

Avec le recul, mon avis sur la série Cursed la Rebelle est celui d’une série imparfaite mais profondément marquante. Elle m’a touchée par sa noirceur, son audace et son regard différent sur un mythe que l’on croyait connaître par cœur. C’est une série qui mérite d’être vue, discutée, analysée, et c’est exactement ce que j’aime faire ici, sur mon blog : décortiquer les séries qui osent sortir des sentiers battus.

 

Ma note

♥️♥️♥️ (3/5)

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.