Nobody Wants This est une série qui ne cherche jamais à séduire à tout prix. Elle arrive presque sur la pointe des pieds, sans promesse tapageuse, sans grandes envolées romantiques. Et pourtant, elle s’installe. Lentement. Durablement.
Dès les premiers épisodes, j’ai eu la sensation que la série parlait d’un endroit très précis : celui d’une génération qui a grandi avec les comédies romantiques des années 90 et 2000, mais qui n’y croit plus tout à fait. Une génération qui connaît les codes, les promesses, les illusions… et qui en a vu les limites.
Nobody Wants This ne raconte pas l’amour comme une évidence, ni comme une récompense. Elle raconte l’amour comme une tentative. Fragile. Parfois maladroite. Souvent contradictoire. Et c’est précisément pour cela que cette série m’a touchée. Dans cet avis série Nobody Wants This, je propose une lecture personnelle et culturelle d’une romcom qui accepte enfin de douter.
💡 L’article en bref
➕ Une comédie romantique contemporaine lucide, drôle et désabusée
➕ Une héroïne imparfaite qui refuse les récits amoureux idéalisés
➕ Une série profondément générationnelle
➕ Une relecture moderne de la romcom après #MeToo
➕ Une œuvre discrète mais étonnamment marquante

Synopsis
Nobody Wants This suit Joanne, une femme brillante, sarcastique et émotionnellement fatiguée. Elle avance dans la vie avec humour comme armure, entourée d’amis qui oscillent entre cynisme, résignation et espoir discret. Lorsqu’elle rencontre Noah, la série ne bascule pas dans le conte de fées attendu. Elle observe plutôt deux adultes qui tentent de se comprendre sans se mentir.
Le récit repose sur des situations ordinaires, des conversations banales en apparence, mais chargées de non-dits. Ici, l’amour n’est jamais spectaculaire. Il est hésitant, parfois bancal, souvent remis en question.
📺 Détail des saisons
Nobody Wants This – Saison 1
La première saison pose un ton immédiatement identifiable : une écriture fine, très dialoguée, presque théâtrale par moments. Joanne est présentée comme une femme qui analyse tout, y compris ses propres émotions. Cette saison parle de rencontres, mais surtout de mécanismes de défense.
Nobody Wants This – Saison 2
La saison 2 approfondit les conséquences émotionnelles des choix faits auparavant. Les personnages sont confrontés à leurs incohérences. La série ralentit volontairement pour explorer l’usure des relations, la peur de l’engagement et la difficulté d’être pleinement sincère.
👩 Personnages principaux
Joanne
Joanne est l’un des personnages féminins les plus intéressants des romcoms récentes. Elle n’est ni froide ni naïve. Elle est lucide. Son sarcasme n’est pas une posture, mais un bouclier. Au fil des saisons, son évolution ne passe pas par une transformation spectaculaire, mais par une acceptation progressive de sa vulnérabilité.
Ce qui rend Joanne profondément moderne, c’est qu’elle refuse les injonctions contradictoires : être indépendante mais aimante, forte mais disponible, détachée mais engagée. Elle avance à tâtons, et la série respecte ce rythme.
Noah
Noah n’est pas écrit comme un sauveur. Il doute, se replie, se trompe. Son évolution est marquée par une remise en question constante de son rôle dans la relation. Il incarne une masculinité en transition, hésitante, parfois maladroite, mais jamais idéalisée.
🎭 Personnages secondaires
Les personnages secondaires sont essentiels à la dimension générationnelle de Nobody Wants This. Les amies de Joanne représentent différentes réponses au désenchantement amoureux : le compromis assumé, la fuite émotionnelle, le refus total de l’attachement.
Au fil de la saison 2, ces personnages gagnent en autonomie narrative. Leurs trajectoires montrent que l’amour n’est plus une norme unique, mais une multitude de choix, souvent inconfortables.
🔎 Analyse générationnelle : aimer après les illusions
Nobody Wants This parle d’une génération qui a vu les promesses romantiques se fissurer. La série capture parfaitement cette fatigue émotionnelle, ce besoin de sincérité mêlé à la peur d’y croire encore.
Là où les romcoms classiques glorifiaient la persévérance amoureuse, Nobody Wants This interroge la frontière entre effort et acharnement. Elle pose une question centrale : à quel moment continuer devient-il se renier ?
💔 L’amour comme espace de négociation
Dans cette série, aimer signifie négocier en permanence avec soi-même. Les personnages ne cherchent pas l’âme sœur, mais une relation qui ne les abîme pas. Cette approche résonne particulièrement avec les attentes contemporaines.
🎬 Nobody Wants This et les romcoms post-MeToo
Nobody Wants This s’inscrit clairement dans une nouvelle génération de comédies romantiques post-MeToo. Les rapports de pouvoir sont interrogés, les dynamiques toxiques nommées, sans être dramatisées à outrance.
Contrairement aux romcoms classiques où certains comportements étaient romantisés, la série adopte un regard plus conscient. Le consentement, la communication et la responsabilité émotionnelle deviennent des enjeux centraux du récit.
📌 Comparaison avec les romcoms contemporaines
À l’image de séries comme Love ou Normal People, Nobody Wants This privilégie l’intime et la nuance. Elle se distingue cependant par un humour plus présent, presque salvateur.
🔷 Pour qui ?
Pour celles et ceux qui aiment les séries centrées sur les personnages, les dialogues intelligents et les émotions retenues. Si tu t’es déjà demandé si aimer valait encore le risque, cette série te parlera.
🔷 Pourquoi ça marche ?
Parce que la série accepte le doute. Parce qu’elle ne promet pas de solution miracle. Et parce qu’elle respecte l’intelligence émotionnelle de son public.
🔷 Mon avis détaillé
Nobody Wants This est une série que je n’ai pas binge-watchée avec frénésie, mais que j’ai laissée infuser. Elle m’a touchée par sa justesse plus que par son intensité. C’est une œuvre imparfaite, parfois trop discrète, mais profondément honnête.
Elle ne plaira pas à tout le monde, et c’est tant mieux. Elle s’adresse à celles et ceux qui ont aimé, douté, renoncé parfois. Et qui continuent malgré tout.
Nobody Wants This est une romcom qui refuse les illusions sans renoncer à l’espoir. Elle regarde l’amour tel qu’il est aujourd’hui : complexe, fragile, souvent contradictoire. En cela, elle marque une évolution nécessaire du genre.
Ce n’est pas une série spectaculaire. C’est une série juste. Et parfois, c’est bien plus marquant.
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