Il y a des soirs où l'on erre sur notre plateforme de streaming avec la télécommande à la main, sans trop savoir quoi lancer. On cherche un programme qui ne demande pas une concentration extrême, une petite fiction fantastique pour se vider la tête après une longue journée de travail. C'est exactement dans cet état d'esprit que j'ai cliqué sur la vignette de la création de Damian Kindler.
Aujourd'hui sur le blog, je réponds à vos nombreuses questions concernant cette production Netflix qui a fait un passage assez éclair dans le catalogue. Si vous avez atterri ici en tapant Avis série October faction sur votre clavier, c'est que vous hésitez sûrement à investir votre précieux temps libre dans ces dix épisodes.
Je vais être totalement honnête avec vous. J'ai commencé le visionnage en la regardant d'un œil distrait, presque histoire de passer le temps en pliant mon linge. Le point de départ semblait tellement classique : une famille dont les parents combattent secrètement les monstres et dont les enfants adolescents tentent péniblement de s'adapter à une nouvelle petite ville de province. C'est du vu, et du revu. Et pourtant... la série m'a prise au dépourvu. Derrière son vernis très formaté, elle s'engouffre dans des sentiers inattendus pour toucher à des thèmes beaucoup plus audacieux que ne le laissait présumer son résumé. Servez-vous une boisson chaude, installez-vous confortablement, je vous décortique cette drôle de famille.
💡 L’article en bref
➕ Un scénario qui surprend en abordant des thèmes sociétaux audacieux sous couvert de fantastique.
➕ Le personnage de Geoff, incarné par Gabriel Darku, qui sort véritablement du lot par son charisme.
➕ Une dynamique de couple parental façon "Mr and Mrs Smith" au rabais qui finit par gagner en consistance.
➖ Des effets spéciaux vraiment datés qui rappellent furieusement les productions du milieu des années 90.
➖ Un amoncellement de clichés liés aux séries pour adolescents qui étouffe un peu l'intrigue principale.

🏚️ Synopsis : un retour aux sources mortel pour la famille Allen
L’intrigue de base sonne incontestablement comme une vieille rengaine qu’on aurait jouée un peu trop souvent. À la mort mystérieuse de leur grand-père, les jumeaux de dix-sept ans, Viv et Geoff Allen, sont contraints de déménager. Ils quittent leur vie trépidante pour s'installer avec leurs parents, Fred et Deloris, dans la grande demeure ancestrale familiale située dans la petite ville (en apparence) très paisible de Barington.
Ce que les jumeaux ignorent, c'est que leurs parents ont un métier pour le moins atypique. Ils ne sont pas de simples représentants en assurances comme ils le prétendent depuis toujours. Ils travaillent en réalité pour "Presidio", une agence gouvernementale clandestine et internationale dont l'unique mission est de traquer et d'éliminer les monstres, goules, vampires et autres créatures surnaturelles qui menacent l'humanité.
Cette retraite anticipée à Barington ne sera évidemment pas de tout repos. Le couple Allen va devoir continuer à cacher sa véritable identité et ses activités nocturnes sanglantes à ses propres enfants. Mais les adolescents ont eux aussi leurs secrets. La petite ville regorge de créatures tapies dans l'ombre, et la famille tout entière va vite réaliser que les véritables monstres ne sont pas toujours ceux qui portent des crocs ou des griffes.
📉 Le détail de la saison : une évolution en dents de scie
Adaptée des comics éponymes créés par Steve Niles et Damien Worm, la série a fait le choix étrange de piocher allègrement dans le drame lycéen et le fantastique pur pour trouver son univers. Et pour être tout à fait franche, ce n’est pas vraiment une réussite constante sur la longueur des dix épisodes qui composent cette unique saison.
Le démarrage : l'installation laborieuse
Dès les premières minutes, le ton est donné : il va y avoir du sang, de l'humour noir et des goules. Sur le papier, l’œuvre est intrigante. En nous plongeant directement au cœur de l’action lors d'une mission parentale à l'étranger, la fiction réussit à nous intéresser un tant soit peu au destin de cette famille hors normes. Les trois premiers épisodes ne souffrent pas de lenteurs excessives et parviennent à créer une certaine attente. On découvre l'intégration difficile des jumeaux au lycée local. Cependant, on tombe très vite dans les écueils du genre.
Le milieu de saison : le ventre mou et le ridicule
C'est ici que le bât blesse. Le scénariste Damian Kindler, qui nous avait pourtant habitués à bien mieux avec des œuvres comme Sleepy hollow ou Stargate SG-1, semble patauger. Il est à l'évidence bien plus à l’aise avec les drames adultes. En voulant aller chercher dans le registre du trash pour imiter le succès tonitruant de The umbrella academy, la série se prend lamentablement les pieds dans le tapis. Certaines scènes d'affrontements frôlent parfois le ridicule, desservies par des enjeux dramatiques qui s'étirent inutilement.
Le sprint final : la bonne surprise thématique
Curieusement, c'est quand on s'y attend le moins que l'écriture se réveille. Les derniers épisodes relèvent le niveau en proposant de vrais questionnements moraux. L'agence Presidio est-elle légitime dans son génocide des créatures magiques ? Les jumeaux découvrent leur propre nature, et l'intrigue bifurque vers des réflexions sur le racisme, l'intolérance et l'acceptation de la différence. La fin offre des résolutions intéressantes, même si Netflix a décidé de ne pas commander de suite.
👥 L'évolution des personnages : des archétypes qui tentent de survivre
Ne vous y trompez pas, la plateforme cible ici ouvertement un public adolescent, exactement comme elle l'a fait avec Riverdale ou Les nouvelles aventures de Sabrina avant elle. Conséquence directe : chaque personnage incarne un archétype bien connu des amateurs de ce type de format.
Fred et Deloris Allen (J.C. MacKenzie et Tamara Taylor) : les parents dépassés
Pour les parents, l'écriture ne s'en sort pas forcément mieux au début. Très vite, ce duo de tueurs mariés nous rappelle des Mr and Mrs Smith achetés au rabais. Les dialogues d'action sonnent parfois creux. Cependant, les deux acteurs réussissent tout de même à donner de la consistance à ce couple au fil des épisodes. Ils s’en sortent beaucoup mieux sur la longueur, notamment quand ils sont confrontés à l'effondrement de leurs certitudes morales vis-à-vis de leurs employeurs. Tamara Taylor, que j'adorais dans Bones, apporte une froideur élégante très appréciable.
Viv Allen (Aurora Burghart) : le cliché du lycée
C'est la grosse déception du casting. Viv coche absolument toutes les cases de la série adolescente de base. C'est la lycéenne détestée de tous à cause de sa différence (coucou Buffy contre les vampires), elle subit la peste du lycée qui lui fait vivre un enfer quotidien, elle se lie d'amitié avec une fille considérée comme une "weirdo" (une fille bizarre), et bien sûr, elle court après le beau quarterback de l'équipe de football qui ne lui accorde pas l’attention qu’elle voudrait. Au-delà de ces clichés épuisants, l'actrice Aurora Burghart ne brille malheureusement pas par son naturel, ce qui empêche une réelle empathie.
Geoff Allen (Gabriel Darku) : la lumière du casting
Heureusement, seul le personnage de Geoff se démarque véritablement du lot. Son acteur, Gabriel Darku, n’en est d’ailleurs pas à son premier tour de piste. Il a déjà œuvré sur d’autres fictions pour adolescents comme Shadowhunters ou Heroes reborn. Il incarne un adolescent gay, confiant, intelligent, qui gère le harcèlement de la petite ville avec un sarcasme rafraîchissant. Son évolution, de simple lycéen sarcastique à jeune homme découvrant ses pouvoirs et son identité profonde, est la trame la mieux gérée de toute la saison.
🧠 Une analyse complète et personnelle : quand le teen drama étouffe le fantastique
Au moment de me poser pour rédiger cette analyse, je me suis demandé pourquoi cette œuvre m'avait laissé un goût aussi ambivalent. Le constat est simple : formatée comme une grande partie des productions algorithmiques du genre, elle souffre terriblement de sa propre banalité.
Le fardeau des effets spéciaux : Je suis obligée d'aborder le sujet qui fâche. Les effets spéciaux et la mise en scène n’élèvent absolument pas le jeu. Ils sont jugés très limités, voire indignes d'une plateforme moderne par certains spectateurs (et je les rejoins). Les monstres en images de synthèse rappellent furieusement les effets des séries fantastiques fauchées des années 90. Quand on connaît le budget de certaines productions actuelles, cette esthétique "cheap" casse immédiatement l'immersion et empêche de prendre les scènes d'action au sérieux.
Le problème d'identité de la série : La série n’arrive pas à trouver sa place dans l’océan des productions du genre. Elle veut être un drame familial profond, une comédie noire irrévérencieuse et un thriller horrifique, tout en respectant le cahier des charges de l'amourette de couloir de lycée. Le grand écart est trop ambitieux. Le teen drama prend beaucoup trop de place et étouffe le développement de la mythologie de l'agence Presidio, qui était pourtant fascinante. Une telle intrigue, basée sur des comics visuellement très sombres et gothiques, aurait mérité une plus grande prise de risque derrière la caméra.
L'étincelle intellectuelle inattendue : Et pourtant, la série m'a fait réfléchir. En déconstruisant le mythe du monstre. L'organisation pour laquelle travaillent les parents est ouvertement raciste, appliquant une politique d'extermination aveugle. La réflexion sur l'eugénisme, le parcage des différences et la xénophobie est subtilement amenée dans les derniers actes. C'est ce qui sauve l'ensemble de la noyade totale.
🎯 Pour qui ces monstres ont-ils été créés ?
Sur cet espace de discussion, je mets un point d'honneur à bien cibler mes recommandations pour que vous sachiez où vous mettez les pieds.
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Pour les amateurs de séries "doudou" pour adolescents : si vous avez avalé les saisons de Riverdale, de Teen wolf ou de The order et que vous aimez les histoires de lycée saupoudrées de magie, vous serez en terrain totalement conquis.
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Pour ceux qui aiment débrancher leur cerveau : c'est le format parfait pour une soirée pop-corn, quand on est malade sous un plaid et qu'on veut juste regarder une histoire avancer sans avoir besoin de prendre des notes.
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Pour les fans d'humour noir : les petites punchlines saignantes échangées entre les parents pendant qu'ils nettoient des scènes de crime arrachent quelques sourires francs.
À l'inverse, si vous êtes un puriste de l'horreur, que vous recherchez des effets spéciaux révolutionnaires à la Stranger things ou un scénario d'une noirceur psychologique implacable, passez vite votre chemin. Vous allez lever les yeux au ciel face aux amourettes de la cafétéria.
⚡ Pourquoi ça marche ? La magie du visionnage compulsif
Les débuts de cette aventure sont loin d’être pleinement engageants. Netflix, à trop vouloir créer des contenus lisses pour plaire à la tranche des 15-25 ans, semble toujours utiliser les mêmes schémas scénaristiques préfabriqués. L’intrigue sent parfois le réchauffé à plein nez, et les dialogues sonnent creux.
Alors, pourquoi continue-t-on à regarder ? La plateforme peut compter sur la mise à disposition de l'intégralité des épisodes d'un seul coup pour réussir à capter l’attention. C'est l'effet classique du binge-watching. Les épisodes se terminent souvent sur des petits suspense de fin (les fameux cliffhangers) qui nous poussent machinalement à laisser le compteur de 5 secondes lancer l'épisode suivant.
J'avais moi-même regardé les trois premiers chapitres avec une forte réserve, prête à abandonner. Mais j'ai laissé le bénéfice du doute, et vu l’évolution de la narration, la suite a su me réserver quelques vraies surprises. Certains arcs narratifs (notamment l'histoire passée de la mère de famille et la vérité sur les jumeaux) ne sont en effet pas dénués d’intérêt humain.
💭 Mon avis détaillé : un plaisir coupable sur le fil du rasoir
Il est temps de poser le bilan de cette chasse aux monstres. En toute honnêteté, mon avis reflète les contradictions de la série elle-même. Les points forts et les points faibles s'annulent presque constamment.
L'histoire a le mérite de mélanger joyeusement la chasse aux créatures de la nuit, les lourds secrets de famille enfouis et les sempiternels drames adolescents. Mais elle souffre d'un manque cruel et évident d'originalité dans son exécution formelle. Le rythme, véritable talon d'Achille de la production, propose un démarrage beaucoup trop lent et caricatural. Heureusement, la qualité d'écriture s'améliore sensiblement dans les derniers épisodes, fermant certaines intrigues avec intelligence, sans pour autant sauver totalement l'ensemble du projet.
C'est une série qui se laisse regarder sans aucune prise de tête. Elle remplit son contrat de divertissement éphémère. Le casting fait de son mieux avec le matériel fourni (mention spéciale encore une fois à Gabriel Darku). Cependant, il faut se rendre à l'évidence : sitôt le dernier épisode terminé, l'histoire reste vite oubliée dans les méandres de notre mémoire télévisuelle. On comprend aisément pourquoi la plateforme au N rouge, qui semble parfois avoir perdu un peu de sa magie créative au profit de la quantité, n'a pas souhaité prolonger l'expérience avec une saison 2.
🗝️ Le mot de la fin : rangez vos pieux et vos devoirs de maths
En refermant les grilles de la grande maison des Allen, je garde le souvenir d'une fiction hybride, maladroite, mais pas totalement dénuée de fond. C'est l'exemple typique de ces productions qui auraient mérité un peu plus de budget, un peu moins de contrôle des algorithmes, et une direction artistique plus affirmée pour devenir mémorables.
Si cette critique a su éveiller votre indulgence, ou si vous avez besoin d'une fiction légère pour accompagner vos soirées d'hiver, n'hésitez pas à lui donner sa chance. Vous y trouverez peut-être ce supplément d'âme qui se cache derrière les mauvais effets spéciaux.
Et vous, avez-vous déjà croisé la route de la famille Allen ? Si oui, la section des commentaires de ce blog n'attend que vous ! Avez-vous été aussi agacés que moi par les clichés lycéens de Viv ? Avez-vous trouvé les parents convaincants dans leur rôle d'assassins professionnels ? Ou peut-être avez-vous lu les comics d'origine et souhaitez partager les différences avec nous ? Venez me raconter tout ça. C'est un bonheur de débattre avec vous. Gardez l'œil ouvert, fuyez les quartiers trop calmes, et à très bientôt pour un nouveau décryptage !
Ma note ♥️♥️♥️🤍🤍 (3/5)
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