Avis série The Originals : quand l’immortalité devient une malédiction

Publié le 13 janvier 2026 à 13:05

Je me souviens très bien de mon premier épisode de The Originals. J’y suis entrée avec curiosité, mais aussi avec un léger scepticisme (après avoir vu Vampire Diaries). Encore un spin-off vampirique ? Encore des intrigues surnaturelles ? Et pourtant, très vite, quelque chose a pris une ampleur inattendue. The Originals n’est pas une série sur les vampires. C’est une série sur la famille, la loyauté, la peur de perdre ceux qu’on aime… et sur ce que l’immortalité fait aux âmes.

Là où The Vampire Diaries flirtait souvent avec le teen drama, The Originals assume une noirceur plus adulte, plus tragique, presque shakespearienne. Ici, chaque choix a un prix. Chaque amour est menacé. Chaque victoire laisse un goût amer.

💡 L’article en bref

➕ Un spin-off plus sombre et mature que Vampire Diaries
➕ Une fresque familiale tragique portée par les Mikaelson
➕ Des personnages complexes, ambigus, profondément humains
➕ Une évolution narrative marquée par la loyauté, la perte et le sacrifice
➕ Une série vampirique qui parle surtout d’amour, de pouvoir et de transmission

 

🧛‍♂️ Synopsis – une famille immortelle au cœur de la Nouvelle-Orléans

The Originals suit les Mikaelson, la toute première famille de vampires de l’histoire. Klaus, Elijah et Rebekah retournent à la Nouvelle-Orléans, une ville qu’ils ont fondée des siècles auparavant, pour reprendre le contrôle d’un territoire aujourd’hui divisé entre vampires, loups-garous et sorcières.

Mais très vite, l’enjeu dépasse la simple guerre de clans. La naissance imminente de Hope, la fille hybride de Klaus, bouleverse l’équilibre du monde surnaturel et révèle la plus grande faiblesse des immortels : l’amour.

🔮 Détail des saisons – une montée en intensité constante

Saison 1 – Le retour des rois déchus

La première saison pose les bases : politique surnaturelle, luttes de pouvoir, secrets ancestraux. Klaus revient en conquérant, Elijah en diplomate, Rebekah en âme brisée. La grossesse de Hayley devient le cœur émotionnel de la série.

Saison 2 – La famille contre le monde

Plus sombre, plus violente, cette saison explore la paranoïa, la trahison et la peur de perdre Hope. Les antagonistes gagnent en épaisseur, notamment Esther et Dahlia. Les Mikaelson sont poussés dans leurs derniers retranchements.

Saison 3 – L’apogée dramatique

Pour beaucoup, la meilleure saison. Les alliances se fragilisent, les ennemis sont charismatiques, et la série assume pleinement son côté tragique. La notion de sacrifice prend tout son sens.

Saison 4 – Le poids des conséquences

Après un saut temporel, les personnages portent les cicatrices de leurs choix passés. Klaus est changé, Elijah hanté, Rebekah fatiguée. La série devient plus introspective.

Saison 5 – La transmission et la fin d’un cycle

La dernière saison se concentre sur Hope et sur la question essentielle : comment transmettre sans détruire ? La conclusion est douloureuse, imparfaite, mais profondément cohérente avec l’ADN de la série.

 

🖤 Analyse des personnages principaux (au fil des saisons)

Klaus Mikaelson – le paradoxe incarné : bourreau et enfant blessé

Klaus est souvent résumé à sa violence, mais The Originals s’acharne justement à démonter cette lecture simpliste. Klaus n’est pas cruel par plaisir : il est cruel par peur. Peur d’être abandonné, peur de ne pas être aimé, peur de n’être qu’un monstre aux yeux du monde.

Au fil des saisons, son évolution ne suit pas une trajectoire de rédemption classique. Klaus ne devient pas « meilleur ». Il devient plus conscient. La naissance de Hope agit comme un révélateur brutal : il comprend que la violence qu’il inflige est aussi celle qu’il transmettra. Cette prise de conscience ne l’adoucit pas immédiatement, mais elle le fracture intérieurement.

Dans les dernières saisons, Klaus est un personnage fatigué. Fatigué de lutter contre lui-même, fatigué de faire semblant d’être invincible. Son arc narratif est profondément tragique : il apprend à aimer trop tard, ou plutôt, à aimer correctement trop tard.

Klaus est sans doute l’un des personnages les plus complexes de la télévision fantastique. Tyrannique, cruel, manipulateur… mais aussi profondément blessé. Au fil des saisons, sa carapace se fissure. Sa relation avec Hope révèle un homme terrorisé à l’idée de reproduire la violence qu’il a subie.

Son évolution est tragique : Klaus ne devient jamais un héros, mais il apprend à aimer sans posséder, à protéger sans détruire.

 

Elijah Mikaelson – la noblesse comme illusion morale

Elijah est longtemps perçu comme la boussole morale des Mikaelson. Costume impeccable, discours mesuré, valeurs affichées. Pourtant, saison après saison, la série déconstruit ce masque. Elijah n’est pas plus moral que Klaus, il est simplement plus dans le déni.

Sa loyauté obsessionnelle envers sa famille devient une forme de lâcheté morale. Il préfère préserver l’illusion de l’unité familiale plutôt que d’affronter les dégâts qu’elle provoque. Son évolution est subtile mais terrible : plus il tente de sauver Klaus, plus il s’éloigne de ses propres principes.

La décision finale d’Elijah n’est pas héroïque, elle est cohérente. Elle marque l’échec d’un homme qui a passé des siècles à justifier l’injustifiable par amour.

Elijah incarne la loyauté absolue. Mais cette loyauté est aussi sa malédiction. Saison après saison, il sacrifie ses désirs, sa morale, parfois même son identité, pour préserver sa famille. Sa chute progressive est l’une des plus bouleversantes de la série.

 

Rebekah Mikaelson – la femme piégée dans l’éternité

Rebekah est sans doute l’un des personnages les plus injustement traités par l’univers de la série, et c’est précisément ce qui la rend si touchante. Elle incarne la frustration féminine dans un monde gouverné par la domination, la violence et le pouvoir masculin.

Ce que Rebekah veut est simple : une vie, une vraie. Mais chaque tentative d’émancipation est sabotée par sa famille, en particulier Klaus. Au fil des saisons, elle gagne en lucidité. Elle cesse d’idéaliser l’amour romantique et comprend que sa liberté ne viendra pas d’un homme, mais d’un choix personnel.

Son départ progressif de la série n’est pas une fuite : c’est une survie.

Rebekah veut une chose simple : vivre, aimer, fonder une famille. Mais l’immortalité la condamne à regarder les autres avancer sans elle. Son parcours est marqué par la frustration, la solitude et une quête constante de normalité.

 

Hayley Marshall – de l’instinct de survie à la maternité sacrificielle

Hayley est l’un des arcs les plus réussis de The Originals. Introduite comme une jeune femme dure, presque froide, elle évolue vers une figure maternelle d’une immense force morale.

La maternité ne l’adoucit pas : elle la radicalise. Hayley devient stratège, protectrice, parfois impitoyable. Elle incarne une autre vision de la famille, fondée sur la responsabilité plutôt que sur le sang. Sa mort n’est pas qu’un choc émotionnel, c’est un tournant symbolique : elle marque la fin de l’illusion que l’amour suffit à protéger.

Hayley connaît l’une des plus belles évolutions. D’abord marginale, elle devient une figure centrale, une mère prête à tout pour Hope. Sa transformation est à la fois crédible et profondément émouvante.

 

Hope Mikaelson – l’héritière du chaos

Hope est plus qu’un personnage : elle est une synthèse. Vampire, sorcière, loup-garou, elle porte en elle tous les conflits du monde surnaturel. Mais son véritable fardeau est émotionnel.

Hope grandit entourée d’amour, mais aussi de secrets, de sacrifices et de culpabilité. Chaque saison renforce l’idée qu’elle hérite non seulement des pouvoirs de ses parents, mais aussi de leurs traumatismes. Elle incarne la question centrale de la série : peut-on hériter sans être condamné à répéter ?

Hope n’est pas qu’un symbole. Elle est la somme de toutes les erreurs et de tous les espoirs des Mikaelson. Sa présence redéfinit la série, lui donne une dimension presque mythologique.

 

🩶 Analyse des personnages secondaires – miroirs et fractures

Marcel Gerard – l’enfant abandonné devenu souverain

Marcel est l’un des personnages les plus tragiques de la série. Adopté par Klaus, élevé comme un fils, puis rejeté, il construit sa vie dans l’ombre d’un père toxique. Son besoin de pouvoir n’est pas une ambition : c’est une revanche affective.

Au fil des saisons, Marcel cesse de chercher la reconnaissance de Klaus et devient son égal moral. Leur relation est l’une des plus complexes de la série, oscillant entre amour filial, haine et rivalité.

 

Davina Claire – la jeunesse sacrifiée

Davina représente l’innocence broyée par les luttes de pouvoir. Exploitée dès son plus jeune âge, elle est constamment utilisée comme un outil. Son évolution est marquée par la colère, puis par une immense lassitude.

Sa relation avec Kol est l’une des rares à offrir une lueur de tendresse sincère dans un monde brutal.

 

Kol Mikaelson – l’enfant incontrôlable devenu adulte conscient

Longtemps réduit au rôle du frère instable, Kol connaît une évolution remarquable. L’amour, la mortalité temporaire, puis la perte le forcent à se confronter à ses propres excès. Kol est le Mikaelson qui apprend le plus tardivement, mais peut-être le plus honnêtement.

 

Freya Mikaelson – la culpabilité incarnée

Freya arrive chargée de traumatismes. Enlevée enfant, privée de sa famille, elle passe sa vie à réparer ce qu’elle n’a jamais eu. Son rapport à la famille est obsessionnel, presque anxieux. Elle apporte une dimension profondément humaine à la fratrie.

 

Vincent Griffith – la conscience morale de la série

Vincent est essentiel. Il est le regard extérieur, celui qui rappelle sans cesse aux Mikaelson les conséquences de leurs actes. Contrairement à Elijah, Vincent ne justifie jamais l’injustifiable. Il est la voix des victimes, des oubliés, des civils du monde surnaturel.

 

Camille O’Connell – la lumière fragile

Camille n’est pas une guerrière, ni une créature surnaturelle au départ. Elle est une observatrice, une analyste. Son rôle est fondamental : elle voit Klaus tel qu’il est, sans peur ni fascination. Sa disparition marque une perte irréversible d’équilibre émotionnel pour Klaus… et pour la série.

 

🧬 Analyse thématique croisée – ce que The Originals raconte vraiment

🏠 La famille : refuge mythifié, prison bien réelle

Dans The Originals, la famille n’est jamais un cocon. Elle est une promesse constamment trahie. Les Mikaelson ne cessent de répéter « Always and forever », mais cette devise fonctionne davantage comme une incantation défensive que comme une réalité.

La famille, ici, n’est pas choisie : elle est imposée. Elle devient un lieu de loyauté forcée, où l’amour sert parfois de justification à l’horreur. On protège les siens, quitte à détruire tous les autres. Cette vision radicale de la famille interroge une idée profondément ancrée dans nos sociétés : celle selon laquelle le lien du sang excuse tout.

Ce que la série réussit, c’est de montrer que l’amour familial peut être toxique, qu’il peut étouffer, manipuler, enfermer. Les Mikaelson s’aiment, mais ils se font aussi énormément de mal. Et c’est précisément cette ambivalence qui rend la série si humaine.

 

👶 La parentalité : aimer, est-ce protéger ou contrôler ?

La parentalité est l’un des thèmes les plus poignants de The Originals. Klaus est obsédé par l’idée d’être un père différent de Mikael. Pourtant, plus il cherche à protéger Hope, plus il reproduit les mêmes schémas : contrôle, dissimulation, violence préventive.

La série pose une question essentielle : peut-on être un bon parent quand on est profondément brisé ? Klaus aime Hope sincèrement, mais son amour est déformé par la peur. Il préfère être haï plutôt que vulnérable, quitte à s’éloigner d’elle pour la « protéger ».

Hayley, à l’inverse, incarne une parentalité plus incarnée, plus immédiate. Elle protège par la présence, par le corps, par le sacrifice. Son rôle montre que l’amour parental n’est pas une posture morale, mais une série de choix douloureux.

 

🔪 La violence : langage appris, réflexe transmis

Dans The Originals, la violence n’est jamais gratuite. Elle est apprise, héritée, presque culturelle. Les Mikaelson n’utilisent pas la violence parce qu’ils sont des monstres, mais parce qu’ils ont appris que c’était le seul langage qui fonctionnait.

La série montre comment la violence devient un réflexe de survie, puis un mode de communication. Klaus frappe avant d’aimer, menace avant de parler, détruit avant de comprendre. Ce cycle est au cœur de son arc narratif.

Mais The Originals ne romantise pas cette violence. Elle en montre les conséquences : solitude, pertes irréversibles, traumatismes transmis de génération en génération. Chaque acte violent laisse une trace, même quand il est « justifié ».

 

🧠 L’héritage : ce que l’on reçoit, ce que l’on transmet

L’héritage est le thème le plus vertigineux de la série. Être un Mikaelson, ce n’est pas seulement être puissant, c’est porter le poids de siècles d’erreurs. Klaus hérite de la violence de Mikael, Elijah hérite du déni, Rebekah de la frustration, Hope de tout cela à la fois.

La question n’est jamais « que puis-je faire ? », mais « que vais-je transmettre ? ». La série explore l’idée que l’héritage n’est pas une fatalité, mais un combat. Un combat intérieur, permanent, épuisant.

 

🖤 Focus personnages – Klaus et Hope, miroir brisé et promesse fragile

Klaus Mikaelson – l’homme qui voulait aimer sans savoir comment

Klaus est le produit d’un père violent et d’un amour conditionnel. Il a grandi en associant affection et souffrance, protection et domination. Son plus grand paradoxe est là : il désire profondément l’amour, mais détruit systématiquement les liens qui pourraient le lui offrir.

Hope agit comme un révélateur brutal. Pour la première fois, Klaus aime quelqu’un sans attendre de retour. Mais cet amour le terrifie. Il comprend qu’il peut perdre, et cette peur le rend dangereux.

Au fil des saisons, Klaus n’évolue pas vers une rédemption classique. Il évolue vers une lucidité douloureuse. Il accepte peu à peu qu’il est à la fois un père aimant et un homme profondément dangereux. Son sacrifice final n’est pas héroïque : il est cohérent. Klaus choisit enfin de ne pas transmettre le pire de lui-même.

 

Hope Mikaelson – naître avec tout, grandir avec trop

Hope est un personnage fascinant parce qu’elle est une enfant de l’héritage. Elle porte en elle tous les pouvoirs, mais aussi toutes les peurs. Elle grandit dans un monde où l’amour s’exprime par le sacrifice et le silence.

Contrairement à Klaus, Hope est consciente très tôt du poids qu’elle représente. Elle se sent responsable des pertes, des guerres, des morts. Cette culpabilité précoce la rend à la fois extrêmement mature et profondément seule.

Hope incarne l’espoir, mais pas au sens naïf. Elle incarne la possibilité que l’héritage puisse être transformé. Pas effacé. Transformé. Elle ne nie pas la violence, elle apprend à la contenir. Elle ne rejette pas sa famille, elle tente de la comprendre sans s’y perdre.

 

🔷 Pour qui ?

Pour celles et ceux qui aiment les séries sombres, émotionnelles, centrées sur les personnages. Pour les amateurs de récits familiaux intenses, de tragédies modernes et de figures moralement ambiguës.

 

🔷 Pourquoi ça marche ?

Parce que The Originals ose montrer ses personnages dans toute leur laideur et leur beauté. Parce que la série traite le fantastique comme un prétexte pour parler de liens humains, de transmission et de deuil.

 

🔷 Mon avis critique approfondi

The Originals est une série qui parle moins de vampires que de transmission émotionnelle. Elle explore avec une justesse rare les mécanismes de la famille dysfonctionnelle, de la parentalité imparfaite et de l’héritage traumatique.

Ce qui me touche profondément, c’est que la série ne cherche jamais à excuser ses personnages. Elle les comprend. Et cette nuance change tout. The Originals ne promet pas la guérison, mais la conscience. Elle nous rappelle que l’amour n’est pas toujours salvateur, mais qu’il peut, parfois, empêcher le pire.

The Originals m’a marquée durablement. Ce n’est pas une série parfaite, mais c’est une série sincère. Elle m’a parfois frustrée, parfois brisée, souvent émue. Elle m’a surtout rappelé que les monstres les plus intéressants sont ceux qui nous ressemblent un peu trop.

 

🔄 The Originals, The Vampire Diaries et Legacies : trois regards sur un même héritage

The Vampire Diaries — l’émotion immédiate et la découverte

The Vampire Diaries est la porte d’entrée. La série de la découverte, de l’émotion brute, de l’adolescence surnaturelle. Elle parle de premiers amours, de choix impulsifs, de la fascination pour le danger. Les personnages y sont définis par leurs relations amoureuses, par leurs dilemmes moraux immédiats.

La violence y est présente, mais souvent romantisée. Le monde est encore lisible : il y a des gentils, des méchants, des erreurs réparables. C’est une série de l’apprentissage, du premier choc.

 

The Originals — la maturité, la conséquence, le poids du temps

The Originals prend le contrepied total. Ici, le temps a passé. Les erreurs ne disparaissent pas, elles s’accumulent. L’amour ne sauve plus, il complique. La violence n’est plus spectaculaire, elle est lourde de conséquences.

C’est une série qui s’adresse à un regard plus adulte. Elle parle de responsabilité, de parentalité, de transmission émotionnelle. Là où The Vampire Diaries demande « qui vais-je aimer ? », The Originals demande « qu’est-ce que je laisse derrière moi ? ».

 

Legacies — l’espoir, mais à quel prix ?

Legacies tente une synthèse plus douce. Elle regarde l’héritage à travers les yeux des enfants. La série parle de reconstruction, d’amitié, de choix individuels. Elle offre une vision plus lumineuse, parfois plus naïve, du monde surnaturel.

Mais cette douceur a un coût : elle gomme une partie de la brutalité existentielle qui faisait la force de The Originals. Legacies rassure là où The Originals dérange. Elle console là où l’autre confronte.

Hope y devient le symbole d’une nouvelle génération, mais le spectre de Klaus plane toujours. Car même quand on avance, l’héritage ne disparaît jamais complètement.

 

🔷 Mon regard final

Si The Vampire Diaries est l’histoire de la découverte, et Legacies celle de l’espoir, alors The Originals est celle de la lucidité. Une lucidité parfois douloureuse, mais nécessaire.

C’est pour cela que, longtemps après la fin, The Originals continue de me hanter. Elle ne cherche pas à être aimée. Elle cherche à être comprise. Et dans un paysage de séries souvent pressées de plaire, c’est peut-être sa plus grande réussite.

 

Quand The Originals s’achève, il ne reste pas un sentiment de victoire. Il reste un silence. Un silence lourd, presque respectueux, comme après une vérité qu’on n’ose pas commenter trop vite. Cette série ne cherche jamais à rassurer. Elle nous laisse avec l’idée inconfortable que l’amour ne sauve pas toujours, mais qu’il peut empêcher de sombrer complètement.

En regardant The Originals, j’ai souvent eu l’impression d’observer une famille qui se débat contre elle-même, incapable de rompre avec ce qu’elle est, mais profondément consciente de ce qu’elle détruit. Il n’y a pas de rédemption facile ici, pas de morale brillante à la fin de l’épisode. Il y a des choix. Et surtout, il y a le prix de ces choix.

Ce qui me bouleverse le plus, c’est que la série ose dire une chose rarement formulée aussi clairement : on peut aimer profondément et faire énormément de mal. Klaus n’est pas pardonné. Elijah n’est pas absous. Ils sont compris. Et cette compréhension, loin d’adoucir leurs fautes, les rend plus tragiques encore.

The Originals parle de transmission comme d’une lutte intérieure permanente. Elle nous rappelle que l’héritage n’est pas seulement ce que l’on reçoit, mais ce que l’on décide de ne pas transmettre. En cela, Hope n’est pas seulement un personnage, elle est une promesse fragile : celle qu’il est peut-être possible d’aimer autrement, sans effacer le passé, mais sans le laisser décider de tout.

Quand l’écran devient noir, je n’ai pas l’impression d’avoir regardé une série de vampires. J’ai le sentiment d’avoir traversé une histoire de famille, une vraie. Violente, imparfaite, parfois insupportable, mais profondément humaine.

 

Ma note ♥️♥️♥️♥️ (4/5)

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